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31/08/2006

le sentier des Gorges de Clarabides et la S.H.E.M.

De l'hydraulique agricole à l'hydro-électricité (fin XIXème siècle - début XXème siècle)
Jusqu'à la fin du XIXème siècle, franchir les gorges de Clarabide (Claire Bise) relève d'une gageure. Et les bergers ne s'y risque pas. Pour atteindre les hauts paturages d'Aygues Tortes, de Pouchergues ou de Caillaouas, ils passent par la Pez puis montent au col entre le Bacherets et la Hourque, à 2620 m, pour redescendre à Lassoula, puis griper encore ! Quand ils ne préfèrent pas pas céder à l'herbe frontalière aux Espagnols.

Pourtant les ressources en eau, torrents et lacs finissent par interresser les compagnies et leurs ingénieurs. D'abord en château d'eau pour les Nestes et le canal d'irrigation des terres de Gascogne puis en chute à turbine pour l'électricité.

Faut-il encore passer par le verrou des Clarabides et ouvrir un chemin muletier de 123 km, de Tramezaygues au lac. En 1894, en une saison de mai à Octobre, l'itinéraire est dégagé, comme par miracle, et à force de "coupes de mines" puis protégé aux endroits les plus scabreux par des parapets. Désormais, les ingénieurs et ouvriers accèdent aux chantiers de Caillaouas où se dressent les habitations. En 1898, la percée du lac est en service comme un réserve utile de 6000000 de m3.

A cette époque, l'électricité est déjà dans l'air. L'Etat et diverses société promettent aux communes concernées quelques "royalties" pour ce "combustible idéal et peu couteux" et ausi la lumière de quelques "lampes de 16 bougies". Ainsi, dès la guerre 14-18, sont construites les deux "centrales" de Bordères et Loudenvielle, en relation avec Caillaouas. Décidémént, l'avenir s'inscrit du côté de Clarabide, apparemment maîtrisé.

Pourtant en plein hiver de 1927, "la Neste du Louron ne donne plus qu'un mince filet d'eau" et les usines qu'elle alimente vont devoir s'arrêter ! "De toute nécessité, il faut ouvrir les vannes de Caillaouas". Mais comment parvenir au lac, en plein enneigement des gorges d'accès ? "Trois volontaires se présentent ; deux ingénieurs, MM. Fosset et Le Meilleur, puis Lhoste de Loudenvielle". Il leur est impossible de contourner par la Hourque et ses parois glacées au-dessus de Lassoula et ce serait trop long de passer par le Riomajou. Reste l'incontournable gorge de Clarabide par la "Santeto" ! "Or le sentier est comblé par la neige". Dans ces conditions, les trois hommes y progressent "crampons au pied, les piolets enfoncée jusqu'au fer", pendant deux heures, de la Santeto à LAssoula. "A 17 heures, ils ouvrent les robinet de Caillaouas... et dès minuit, la production de l'usine de Loudenvielle saute de 300 à 4000 kilowatts" . Mission accomplie ! A l'auberge de Loudenvielle, Lhoste racontera longtemps l'exploit hivernal.

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